Prévention de la prématurité

Écrit par les experts Ooreka

Environ 1 naissance sur 10 dans le monde est prématurée, soit quelque 13 millions d'enfants. Prévenir la prématurité constitue donc un enjeu de santé publique au niveau mondial. La prévention de la prématurité passe par une évaluation individuelle des risques, un suivi rigoureux de la grossesse et une prise en charge médicale visant à retarder l'accouchement supposément prématuré.

L'importance du suivi de grossesse

La prévention de la prématurité repose sur l'identification des facteurs de risque d'accouchement prématuré et leur prise en charge.

Identifier les facteurs de risque de prématurité

Plusieurs facteurs déterminent une menace plus élevée d'accouchement prématuré :

  • l'âge maternel : s'il est inférieur à 18 ans ou supérieur à 40 ans ;
  • les antécédents obstétriques : avortements spontanés au cours de précédentes grossesses ou accouchements prématurés ;
  • une grossesse multiple ;
  • la présence d'une anomalie utérine ;
  • les infections : infections urinaires au cours de la grossesse ;
  • letabac ;
  • l'alcool ;
  • un stress important.

Les médecins vérifient la présence ou non de ces facteurs de risque au cours de l'examen du 4e mois de grossesse. Cela étant, la moitié des femmes qui accouchent prématurément ne présentent aucun facteur de risque majeur, et la plupart de celles identifiées à risque n'accouchent pas prématurément. Les causes de la prématurité étant multiples, il ne suffit pas de se fonder uniquement sur ces facteurs de risque pour prévenir un accouchement prématuré.

Dépister une grossesse problématique

Les médecins disposent aussi de marqueurs prédictifs permettant d'évaluer précisément la menace d'accouchement prématuré.

L'examen du col de l'utérus est un préalable indispensable à l'évaluation du risque d'accouchement prématuré :

  • Le toucher vaginal permet d'évaluer la position, la consistance et la dilatation du col utérin.
  • L'échographie du col de l'utérus est un examen beaucoup plus précis, grâce auquel le médecin mesure la longueur du col, qui est un marqueur reconnu de naissances prématurées. Plus celle-ci est réduite, plus le risque d'accouchement prématuré spontané est élevé. Il est à noter cependant que toutes les femmes accouchant prématurément ne présentent pas un col utérin court.

Certains marqueurs biochimiques mesurés à l'aide d'un test précis permettent en outre d'affiner le diagnostic du médecin et de mieux prévenir le risque de prématurité :

  • La fibronectine fœtale est une protéine qui agirait comme une « colle à tissus » entre les membranes du fœtus et la paroi utérine. L'échantillon est prélevé au cours d'un examen au spéculum. Elle est rarement détectée dans les liquides vaginaux entre la 26e et la 34e semaine de grossesse. Si elle est présente, un accouchement prématuré est probable ; si le test est négatif, il est en revanche peu probable que l'accouchement ait lieu dans les 2 semaines suivantes.
  • L'estriol : c'est un œstrogène naturellement sécrété uniquement durant la grossesse. Le taux salivaire d'estriol augmente fortement dans les semaines qui précèdent le début du travail prématuré spontané.

De nombreux autres marqueurs biochimiques sont associés à la prévention de la prématurité. Toutefois, considérés individuellement, ils possèdent une valeur prédictive souvent insuffisante. C'est l'ensemble de ces marqueurs, associés aux facteurs de risque, qui permettra de prévenir au mieux un accouchement prématuré.

Les précautions à prendre en cas de grossesse à risque

Retarder le plus possible l'accouchement prématuré permet d'augmenter les chances de survie du nouveau-né et d'éviter d'éventuelles complications.

Les précautions d'usage

Plusieurs conseils de bon sens doivent être suivis pour prévenir un accouchement prématuré :

  • Se reposer au lit.
  • S'hydrater régulièrement.
  • Éviter de porter des objets lourds.
  • Éviter les longs trajets en voiture.

Le monitoring à domicile

Prescrit par le gynécologue, il est réalisé par une sage-femme au domicile de la future maman.

Le cerclage

Cette procédure chirurgicale vise à assurer la fermeture du col utérin au moyen d'un fil pendant toute la durée de la grossesse. Cela permet de maintenir le fœtus en développement dans l'utérus, la suture étant retirée quand il est temps pour le bébé de naître. Le cerclage est souvent utilisé pour prévenir une menace d'accouchement prématuré chez une femme présentant un col utérin court ou faible.

La prescription d'antibiotiques

Les infections constituent l'une des causes de la prématurité. Les naissances de grands prématurés sont souvent associées à une infection. La détection précoce d'une flore anormale au cours de la grossesse, même si celle-ci se rééquilibre par la suite, est un facteur de mauvais pronostic. Selon certains médecins, la prescription d'antibiotiques efficaces le plus tôt possible chez les femmes à risque permettrait d'éviter l'apparition de dommages inflammatoires au niveau des membranes fœtales et maternelles.

La prescription de progestérone

La progestérone est une hormone produite par la femme enceinte, dont le rôle est d'empêcher une naissance prématurée. Le traitement par progestérone est prometteur pour les femmes courant un risque élevé d'accouchement prématuré. Elle est le plus souvent administrée par voie vaginale.

L'équilibre du régime alimentaire

L'état nutritionnel de la future maman a un impact sur l'évolution de la grossesse. D'éventuelles carences peuvent constituer un facteur de risque non négligeable. Il convient notamment que l'alimentation de la femme enceinte soit suffisamment riche en :

  • Folates : On les trouve dans tous les légumes à « feuilles » (épinards, salade, choux...). Selon les recommandations, la quantité de légumes consommée par jour doit correspondre à ce que peuvent contenir nos deux mains ouvertes – un apport rarement effectif au quotidien ! Une carence en folates peut être responsable d'une anomalie de la grossesse appelée spina bifida, et augmente les risques de naissance prématurée.
  • Minéraux : De faibles taux de fer et de zinc augmentent la menace d'accouchement prématuré.
  • Oméga 3 : Selon une étude, la consommation de poissons serait associée à une gestation plus longue. Les huiles de poissons étant riches en oméga 3, une supplémentation permet à la future maman de recevoir les substances que son régime alimentaire ne lui apporte pas. Les oméga 3 sont en outre importants pour le développement du système nerveux du bébé.

La consultation préconceptionnelle

Et si on pouvait prévenir les risques de la prématurité avant même que le bébé soit conçu ?

Les causes de la prématurité étant multiples, agir en amont d'une grossesse pour en réduire certaines permettrait de limiter les risques.

Certains professionnels de santé sont spécialisés dans les consultations préconceptionnelles, qui sont à conseiller à toute femme manifestant un désir de grossesse.

Le professionnel vérifiera le poids et la tension, ainsi que la présence d'une maladie chronique ou d'une anomalie. Il pourra adapter un éventuel traitement pour qu'il soit compatible avec la grossesse. Il prendra aussi note des antécédents familiaux de naissances prématurées.

Il fera également un bilan nutritionnel : il contrôlera les apports alimentaires de la future maman, dépistera les éventuelles carences (le plus souvent en vitamine D, en fer et en folates) et prescrira si besoin des compléments alimentaires. Il prodiguera également tous les conseils pour adopter un mode de vie sain, nécessaire au développement harmonieux de la grossesse.


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