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L'infertilité et la stérilité touchent aussi bien les femmes que les hommes. Il existe de nombreuses causes d'infertilité : hormonales (le plus souvent), biologiques, environnementales, etc.

Causes infertilité : les hormones souvent impliquées

De nombreux cas d'infertilité masculine et féminine sont d'origine hormonale.

Hormones : les 2 causes principales d'infertilité

L'infertilité peut être due à :

  • un dysfonctionnement gonadique, c'est-à-dire des ovaires ou des testicules :
    • dans ce cas, le taux de gonadotrophines LH (hormones lutéinisante) et FSH (follicule stimulating hormone) est élevé, avec des taux d'estradiol bas chez la femme et des taux de testostérone normaux ou bas chez l'homme,
    • les pathologies gonadiques sont une cause de stérilité définitive, accessible seulement au don de sperme ou don d'ovocyte,
  • une atteinte hypothalamo-hypophysaire :
    • les taux de gonadotrophines LH et FSH sont normaux ou bas,
    • ils contrastent avec un taux bas d'estradiol chez la femme ou de testostérone chez l'homme.

Insuffisance ovarienne ou testiculaire : des signes révélateurs

Voici comment se manifeste un dysfonctionnement gonadique chez l'homme ou la femme :

Insuffisance ovarienne ou testiculaire : diagnostic

Qui ? Symptômes
Homme
  • Une insuffisance testiculaire (chez l'homme), congénitale, peut être diagnostiquée devant :
    • un retard pubertaire à l'adolescence,
    • une impuissance et des troubles de la spermatogenèse chez l'adulte.
  • Une insuffisance gonadique acquise est découverte le plus souvent lors d'une impuissance, une azoospermie ou oligospermie.
  • Des altérations des caractères sexuels secondaires peuvent accompagner le tableau clinique : diminution de pilosité, diminution de la masse musculaire, prise de poids.
Femme
  • Chez l'adolescente, une insuffisance ovarienne se manifeste par un impubérisme et une aménorrhée (absence de règles).
  • Chez la femme, un hypogonadisme acquis se manifeste par des troubles des règles ou une dysovulation.
  • Les troubles des caractères sexuels secondaires peuvent être observés : sécheresse cutanée, réduction du volume mammaire.
  • Si l'hypogonadisme est ancien, il se manifeste en outre par l'ostéoporose.

Troubles des testicules et ovaires : causes congénitales

L'hypogonadisme masculin ou féminin peut être congénital.

Hypogonadisme masculin : le syndrome de Klinefelter

0,2 % des nouveau-nés masculins sont porteurs d'un chromosome X supplémentaire, c'est la forme la plus commune d'hypogonadisme masculin :

  • ce syndrome de Klinefelter se révèle à la puberté et à l'âge adulte quand les tubes séminifères se fibrosent : les testicules sont petits et fermes, la production de testostérone est faible ;
  • il existe le plus souvent une azoospermie.

Le diagnostic est affirmé par caryotypage : la forme classique 47 XXY représente plus de 90 % des cas.

Le recours à la FIV (fécondation in vitro) avec injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) sur spermatozoïdes éjaculés ou testiculaires est proposé.

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Les hypogonadismes congénitaux chez la femme : syndrome de Turner

Les troubles des ovaires peuvent être dus à différents syndromes congénitaux :

  • le syndrome de Turner :
    • c'est la 1re cause d'interruption spontanée de grossesse,
    • les patientes atteintes présentent souvent une implantation basse des cheveux et des oreilles, un cou petit, large et épaissi,
  • le syndrome de Kallmann-de-Morsier ou déficit hypothalamique en GnRH (gonadotrophine) :
    • les patients atteints de ce syndrome présentent des troubles olfactifs, des taux de LH et de TSH indétectables,
    • cette anomalie peut toucher également les hommes chez qui elle est associée à des testicules réduits (à noter que ce syndrome peut être à l'origine d'holoprosencéphalie, un trouble du développement cérébral chez le fœtus),
  • le syndrome de LH invisible : advient chez des patientes dont le taux de LH sérique (hormone lutéinisante) est nul.

Causes infertilité : syndromes d'hypogonadisme acquis

Ce type de syndrome, chez l'homme comme chez la femme, ne peut pas bénéficier de traitement hormonal. Le seul recours est le don d'ovocyte ou le don de sperme, si une congélation préalable du sperme n'a pas été réalisée. Ces syndromes peuvent être d'origine ovarienne ou testiculaire.

Chez la femme, les ménopauses précoces peuvent être mises en cause, sans que l'on connaisse encore bien pour quelles raisons elles se mettent en place.

Risques liés au tabac

Chez les femmes, le tabagisme chronique multiplie par deux le risque d'infertilité par rapport aux non-fumeuses. De plus, la consommation de tabac allonge le délai de conception de plus d'un an, bien que cet effet soit réversible. Par ailleurs, fumer réduit également les chances de réussite des procréations médicalement assistées avec :

  • une diminution du nombre de grossesse ;
  • une diminution du taux de naissances vivantes par cycle ;
  • une augmentation du risque de fausse couche ;
  • une augmentation du risque de grossesse extra-utérine.

Certaines chimiothérapies et/ou radiothérapies peuvent induire une insuffisance ovarienne ou testiculaire.

En 1973, on estimait qu'une personne sur 1 000 de moins de 20 ans aura été traitée pour un cancer par des drogues toxiques pour l'ovaire ou le testicule avant l'an 2000.

Troubles d'ovulation ou dysovulation : causes d'infertilité

L'infertilité de la femme peut être liée à des problèmes de l'ovulation.

Tests progestatifs : diagnostic de dysovulation

La dysovulation ou perturbation de l'ovulation se caractérise cliniquement par une réponse positive aux tests progestatifs (les règles surviennent 10 jours après un traitement progestatif). Les deux causes plus fréquentes de dysovulation sont :

  • l'hypercholestérolémie,
  • l'hyperandrogénie.

Le syndrome des ovaires polykystiques ou OPK

Les ovaires polykystiques sont la cause la plus fréquente d'hyperandrogénie. Cliniquement, les femmes atteintes présentent :

  • un hirsutisme (accentuation de la pilosité),
  • une dysovulation avec au maximum l'absence de règles (aménorrhée).

Chez les femmes atteintes, le stade terminal de sélection du follicule dominant est altéré. La physiopathologie de ce syndrome des ovaires polykystiques n'est pas à ce jour élucidée.

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Facteurs de risques d'infertilité chez l'homme

Certains facteurs de risque d'infertilité pour l'homme ont été identifiés.

Les facteurs physiques : agents chimiques, bruit, chaleur, etc.

Ces facteurs peuvent être à l'origine d'un allongement du délai nécessaire pour concevoir :

Facteurs physiques de risque d'infertilité pour l'homme
Milieu professionnel
  • Présence :
    • de bruit,
    • de radiations ionisantes,
    • de plomb ou cadmium,
    • de manganèse et de mercure.
  • Température très élevée (sidérurgie, céramique, etc.).
Présence de produits chimiques comme :
  • dibromochloropropane,
  • dibromoéthane,
  • épichlorydrine,
  • chlrodécone,
  • polybromodiphényles,
  • diamonotoluène,
  • dinitrotoluène,
  • acide paratertiobutylbenzoîde,
  • hydrocarbures (pétrole, essences, etc.),
  • formaldéhydes,
  • éthers de glycol,
  • carbamates,
  • sulfure de carbone,
  • acide borique,
  • benzothrone.
  • Professions à risque :
    • typographe : soumet l'homme à certains produits chimiques néfastes,
    • agriculteur : pour les mêmes raisons.
  • Ces professions à risque soit par exposition à des produits chimiques ou agents physiques induisent des troubles de la spermatogenèse et/ou le ralentissement de la fertilité de l'homme.
Traitements antérieurs
  • Radiothérapie (cancer).
  • Chimiothérapie (cancer).
  • Anticonvulsivants (épilepsie).
  • Stéroïdes (dopage sportif, haltérophilie).
  • Antidépresseurs (dépression).
Habitudes et hygiène de vie
  • Tabac.
  • Alcool.
  • Toxicomanies.
  • Sauna.
  • Conduite prolongée.

Causes d'infertilité : les facteurs chirurgicaux

Voici quels sont les principaux facteurs chirurgicaux d'infertilité chez l'homme :

  • cures de cryptorchidie ou hernie inguinale avec risque de lésions de l'artère testiculaire ou du canal déférent, surtout chez le petit garçon ;
  • ablation d'un kyste du cordon ou de l'épididyme ;
  • biopsie testiculaire dans le cadre d'un bilan d'infertilité ;
  • infections génitales postopératoires ;
  • éjaculation rétrograde ;
  • troubles de l'érection et/ou de l'éjaculation lors de chirurgie par voie pelvienne ou périnéale.
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Autres facteurs : les antécédents familiaux et personnels

Il est important de rechercher dans le contexte familial des éléments principaux comme :

  • l'absence de toute fratrie,
  • une grande différence d'âge entre les enfants d'une même fratrie,
  • la fréquence des fausses couches spontanées chez les parents et dans la fratrie,
  • la prise d'œstrogènes par la mère lors de la grossesse.

Parmi les antécédents personnels, on recherchera surtout :

  • les maladies comme le diabète, l'hypertension ou l'épilepsie, etc. : peuvent voir des conséquences directes ou non (médicaments associés) sur la fécondité masculine,
  • la fréquence et l'existence de maladies urogénitales ou de MST dont les séquelles peuvent influer sur la fécondité masculine.
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