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Maladie génétique héréditaire également appelée « fish-odour syndrom », le syndrome de l'odeur de poisson est très handicapant pour les patients qui en sont atteints. Ce syndrome, ayant un impact sur les odeurs corporelles dégagées, peut être pris en charge afin d'en réduire les conséquences psychologiques sur le quotidien des malades.

Syndrome de l'odeur de poisson : qu'est-ce que c'est ?

Le syndrome de l’odeur de poisson est une maladie génétique exceptionnelle et rare (moins de 1 personne sur 20 000 naissances en France) due à la mauvaise transformation d'un gaz appelé tryméthylamine (TMA) lors de l'ingestion et de la métabolisation des aliments.

Elle résulte d'une erreur sur le gène qui contrôle le fonctionnement de l'enzyme FMO3 (mono-oxygénase à flavine 3). Quand l’activité de cet enzyme est altérée :

  • L’organisme n'est plus capable de métaboliser la triméthylamine mal odorante (TMA) d'origine alimentaire en oxyde de triméthylamine sans odeur (TMAO).
  • La triméthylamine s'accumule alors dans l'organisme et est finalement éliminée par la sueur, l'urine et l'expiration, avec une forte odeur de poisson.

Tirant son nom de la triméthylamine, le syndrome de l'odeur de poisson est également appelé triméthylaminurie.

Symptômes du syndrome de l'odeur de poisson

Les symptômes du syndrome de l'odeur de poisson ne sont ainsi qu'odorants, ils se manifestent par une forte odeur de poisson, dégagée par la sueur, l’urine, la salive, la respiration.

Ce syndrome se retrouve plus fréquemment chez la femme et est accentué à la puberté, avant et pendant la menstruation, lors de la prise de contraceptifs et la ménopause. En effet, les hormones (progéstérone et œstrogènes) joueraient un rôle dans l'intensité de l'odeur dégagée.

Syndrome de l'odeur de poisson : diagnostic et traitement

Il n'existe actuellement aucun traitement curatif pour la triméthylaminurie. Toutefois, il est possible pour les personnes atteintes de cette pathologie de vivre normalement.

Le traitement repose essentiellement sur un régime pauvre en apports alimentaires de triméthylamine et de ses précurseurs (d'autres composés comme la choline, lécithine et la triméthylamine N-oxyde).

On veillera donc à réduire voire à exclure de son alimentation les produits suivants :

  • les œufs ;
  • le foie (et les abâts en général) ;
  • les pois, les haricots ;
  • les arachides (cacahuètes) ;
  • les produits dérivés du soja ;
  • les crucifères (choux de Bruxelles, brocoli, chou, chou-fleur) ;
  • les fruits de mer, le poisson.

Comme pour toute maladie orpheline sans traitement possible, la triméthylaminurie a surtout de graves répercussions sur la vie sociale du patient et son équilibre psychologique. Il peut créer isolement, anxiété, dépression et voire des tentatives de suicide.

Il est ainsi important de se faire aider par des spécialistes ainsi que par des associations capables de vous aider dans ce parcours difficile.