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L’hypoplasie utérine est une anomalie morphologique de l’utérus, responsable d’une difficulté à procréer. Souvent découverte après des fausses couches à répétition, on vous explique dans cet article à quoi est due cette anomalie et comment la traiter !

Hypoplasie : quelques chiffres sur la fertilité

Un individu fertile est un individu apte à concevoir :

  • Après 2 ans de rapports complets, de fréquence suffisamment rapprochée et sans contraception d'aucune sorte, 90% des couples auront conçu.
  • 10% des couples concevront spontanément mais devront attendre 18 mois avant d’obtenir une grossesse.
  • En France, 15 à 20% des couples consulteront à un moment donné pour une difficulté à concevoir.

Globalement, la cause de stérilité est :

Les couples ayant une stérilité objectivée sont amenés à consulter un gynécologue-obstétricien spécialisé en procréation.

Hypoplasie : la question de la consultation en Procréation Médicalement Assistée (PMA)

Parmi tous les couples qui consulteront un jour pour infertilité, 2/3 obtiendront une grossesse par Procréation Médicalement Assistée (PMA) alors que l'autre tiers ne pourra pas réaliser son projet parental.

Le but de la première consultation pour stérilité est triple :

  • confirmer le diagnostic de stérilité ;
  • dépister une cause simple (mauvaise connaissance de la période de fécondabilité par exemple…) ;
  • pratiquer un bilan de base qui sera complété selon les premiers résultats et l'évolution clinique.

Chez l’homme, le bilan de base comprend l’analyse des spermatozoïdes.

Chez la femme, le bilan à réaliser est plus complexe comprenant une courbe de température, un bilan hormonal et une échographie pelvienne, couplée à une hystérosalpingographie.

L’hystérosalpingographie permet d’apprécier :

  • la cavité utérine : malformation congénitale dont l’hypoplasie utérine ou pathologie acquise (synéchie, polype, fibrome) ;
  • la perméabilité tubaire : trompes de taille normale permettant une bonne migration de l’ovule vers la cavité utérine.

L’hypoplasie utérine est malheureusement responsable d’un taux élevé de fausses couches à répétition, d’accouchements prématurés, de présentations dystociques, de retard de croissance intra-utérin (RCIU) et de césariennes.

Les différentes sortes d'hypoplasie utérine

Ces malformations sont secondaires à une anomalie de développement fœtal. Elles sont souvent associées à des malformations rénales.

On distingue plusieurs types d’hypoplasie utérine :

  • agénésie bilatérale partielle, encore appelée syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser : présence de deux cornes utérines rudimentaires sans cavité utérine ;
  • agénésie unilatérale complète : utérus à une corne utérine ;
  • agénésie unilatérale incomplète : corne rudimentaire plus ou moins développée, associée à une corne utérine normale reliée au vagin, souvent lieu de grossesse extra-utérine.

D’autres types de malformations existent telles que l’hémi utérus ou l’utérus cloisonné : une cloison membraneuse sépare l’utérus en deux espaces plus petits.

Toutes ces malformations engendrent une difficulté à mener une grossesse normale à terme.

Traitement d’une hypoplasie utérine

La prise en charge des malformations utérines avant la grossesse comprend le traitement chirurgical pour autant qu’il soit indiqué et possible.

  • Les utérus cloisonnés sont les seules malformations utérines dont le traitement chirurgical est relativement simple. Il consiste en une résection de la cloison par hystéroscopie.
  • Pour les utérus bicornes, la chirurgie réunificatrice n’a pas montré de réel bénéfice.
  • Pour les utérus à corne rudimentaire, une résection chirurgicale de la corne rudimentaire est recommandée.
  • Enfin, lors d’agénésie utérine bilatérale partielle, aucune chirurgie ne peut être proposée pour permettre une grossesse. La création d’un néovagin doit être proposée.

Lorsque le diagnostic de malformation utérine est posé en début de grossesse, le traitement ne sera que préventif : repos, surveillance échographique de la croissance fœtale et de la compétence du col utérin, prévention des risques liés à la prématurité.