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Quand le liquide amniotique vient à manquer, la santé du bébé à naître est menacée. Dans quelles circonstances cela peut-il se produire et que faut-il alors envisager ?

Réponses dans notre article.

Oligoamnios : définition

Le liquide amniotique est le milieu dans lequel baigne le fœtus au cours de la grossesse, constitué d'eau chargée de sels minéraux, de protéines, de lipides et de glucides ; il possède à la fois des fonctions nourricières et protectrices. Son volume augmente progressivement au cours des 35 premières semaines de grossesse, jusqu'à atteindre 1 000 mL ; puis il décroît jusqu'au terme à des niveaux compris entre 500 et 800 mL au moment de l'accouchement.

Dans certaines situations, il n'est pas présent en quantité suffisante (moins de 250 mL au cours du 2ème ou 3ème trimestre). On parle alors d'oligoamnios, une situation qui concernerait jusqu'à 2 % des grossesses. La situation la plus extrême est l'anamnios, lorsque la totalité du liquide a disparu.

Causes de l'oligoamnios

Le liquide amniotique peut venir à manquer si la poche le contenant est fissurée ; cela se traduit chez la future maman par des pertes de liquide au niveau vaginal. Lorsque l'oligoamnios n'est pas associé à cette cause, il peut s'expliquer par plusieurs facteurs.

Cela peut être un problème affectant le fœtus :

  • au niveau rénal ou urinaire. Le bébé avale en effet une partie du liquide amniotique, et l’excrète par les urines ; si un problème entrave ce processus, la quantité de liquide amniotique décroit dans la poche ;
  • un développement anormal du système nerveux central (cerveau et moelle épinière), du système cardio-vasculaire, du squelette... ;
  • un retard de croissance intra-utérin ;
  • un problème chromosomique, comme les trisomies 13 et 18.

Un problème affectant la mère, notamment :

  • une pré-éclampsie, caractérisée par la survenue d'une hypertension artérielle ;
  • une maladie vasculaire provoquée par le diabète.

Un problème affectant le placenta :

  • Lorsque la grossesse dépasse son terme.
  • Chez des jumeaux qui partagent le même placenta tout en étant dans deux poches différentes, en cas de syndrome transfuseur-transfusé : l'un des bébés reçoit plus de sang que l'autre. Le jumeau transfuseur manque de sang et produit peu d'urine, le niveau de liquide amniotique est faible.

Dans un cas sur trois environ, aucune cause n'est identifiée.

Oligoamnios : quels risques ?

L'oligoamnios est une situation dangereuse pour le bébé à venir, notamment lorsqu'il survient au cours du second semestre de grossesse ; le manque de liquide amniotique l'expose à différents risques :

  • un problème de développement de ses poumons ;
  • des malformations au niveau des membres (pied-bot) ou de la face (visage aplati), des articulations (dysplasie de la hanche par exemple).

En cas d'oligoamnios, les présentations par le siège du bébé sont plus fréquentes au moment de l'accouchement, ce qui peut compliquer son déroulement.

Prise en charge de l'oligoamnios

Recherche de la cause

Lorsqu'un problème d'oligoamnios est détecté au cours de la grossesse, différents examens vont être menés pour chercher à en déterminer la cause et ainsi décider la conduite à tenir. L'objectif est de rechercher d'éventuelles malformations ou des problèmes génétiques, notamment grâce :

  • à l'échographie ;
  • au doppler fœtal et utérin ;
  • à la détermination du caryotype du bébé (qui cartographie les chromosomes), à la recherche d'éventuelles anomalies.

Des analyses de sang et d'urine viendront compléter ces examens.

Traitements

L'amnio-infusion est une technique consistant à injecter dans la poche amniotique du sérum physiologique, utilisée en cas d'oligoamnios. Elle est indispensable pour mieux visualiser le fœtus lors de l'échographie, et pour ponctionner un peu de liquide afin de récupérer quelques-unes de ces cellules pour examiner les chromosomes. Mais elle peut également représenter une piste de traitement, elle est alors réalisée une fois par semaine pour réduire les risques de malformations.

Lorsque l'oligoamnios est provoqué par une malformation du fœtus, une opération avant la naissance est parfois envisagée. Par exemple, s'il présente une obstruction des voies urinaires mais que ses reins sont fonctionnels, une dérivation peut être mise en place afin de la court-circuiter.

Si la situation est très sévère, que le fœtus souffre de graves malformations, une interruption médicale de grossesse pourra être envisagée.

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