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L’éclampsie est une maladie maternelle du troisième trimestre de la grossesse rare, mais grave, pouvant entraîner le décès de la mère ou celui de l’enfant dans 6 % des cas. Elle survient habituellement avant l’accouchement, mais dans un quart des cas, elle peut arriver jusqu’à 6 semaines après (dont plus de 98 % dans les 48 premières heures).

Éclampsie : définition

L’éclampsie se présente comme une crise d’épilepsie ou des troubles de la conscience survenant dans un contexte de pré-éclampsie et en l’absence de problème neurologique préexistant.

La pré-éclampsie est diagnostiquée par l’élévation de la pression artérielle après la vingtième semaine d’aménorrhée, accompagnée d’une apparition exagérée de protéines dans les urines. 

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Éclampsie : causes et facteurs de risques

Les mécanismes de l’éclampsie sont encore mal connus, mais on sait que les vaisseaux de la mère, et notamment ceux de son cerveau, sont fragilisés par des protéines sécrétées par un placenta dysfonctionnel.

Ils s’adaptent alors moins bien à une augmentation brutale de la tension artérielle, créant un œdème au niveau du cerveau (dans sa partie postérieure).

Néanmoins, un grand nombre d’éclampsies surviennent après une grossesse normale, chez des patientes sans facteurs de risque et sans symptômes de pré-éclampsie.

Les facteurs de risque de l’éclampsie sont : la pré-éclampsie, un âge inférieur à 20 ans ou supérieur à 35 ans, un mauvais suivi obstétrical, une première grossesse, une obésité avec un IMC > 30-35, un diabète, une tension artérielle élevée avant la grossesse, une maladie auto-immune, une primo-paternité (père pour la première fois dans le couple).

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Éclampsie :  symptômes et diagnostic

Il existe le plus souvent, avant la survenue de la crise d’éclampsie, des symptômes annonciateurs : contexte de pré-éclampsie, maux de tête, augmentation rapide de la tension artérielle, perturbations visuelles (gêne à la lumière, cécité temporaire), douleur en barre au niveau de l’estomac.

Néanmoins, la crise d’éclampsie peut survenir sans aucun symptôme préexistant.

La crise d’éclampsie ne présente pas de différence par rapport à une crise d'épilepsie classique. Elle est unique dans plus de la moitié des cas. Elle peut être associée à d’autres complications de la pré-éclampsie (hématome sous le foie ou derrière le placenta, anémie, perturbations de la coagulation, œdème des poumons, arrêt circulatoire).

En cas de doute diagnostique, l’examen d’imagerie de référence est l’IRM. Il n’est pas fait systématiquement devant un cas typique, mais lorsque le contexte clinique n’est pas clair. Il montre des lésions du type œdème, localisées au niveau de la partie postérieure du cerveau. Ces lésions disparaissent en règle générale sur les IRM de contrôle.

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Éclampsie : traitement

L’éclampsie nécessite une hospitalisation dans une maternité adaptée (de niveau 3).

La prise en charge de l’éclampsie en tant que telle est identique à celle de n’importe quelle crise d’épilepsie :

  • éviter les morsures de langue (attention à ne pas mettre les doigts dans la bouche de quelqu’un en train de convulser) ;
  • prévenir les traumatismes dus aux convulsions (chute) ;
  • mettre la personne en position latérale de sécurité ;
  • maintenir une bonne oxygénation.

Le seul moyen à l’heure actuelle pour la mère de « guérir » d’une pré-éclampsie et donc du risque d’éclampsie, est d’accoucher de son bébé et d’être délivrée du placenta.

La crise d’éclampsie est donc considérée comme une indication pour une césarienne en urgence. Dans de rares cas, on peut effectuer des césariennes retardées de 48 h, permettant la maturation des poumons du fœtus par un traitement à base de corticoïdes.

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Éclampsie : précautions et prévention

Le meilleur suivi des grossesses dans les pays industrialisés a permis une forte diminution du nombre d’éclampsies et de la mortalité maternelle et/ou fœtale associée.

Il faut donc, dès le troisième mois de grossesse, surveiller tous les mois sa tension artérielle et le taux de protéines dans les urines.

En cas de facteurs de risque, la grossesse, l’accouchement et les suites de couches sont plus étroitement surveillés.

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