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Les prostaglandines sont des composés qui exercent de nombreux effets sur notre organisme. Elles ont ainsi de nombreuses applications thérapeutiques qui concernent aussi bien les hommes que les femmes. Tour d’horizon de ces utilisations médicales.

Rôle des prostaglandines dans l’organisme

Les prostaglandines sont des molécules d'acides gras insaturés qui ont été identifiées dans le corps humain pour la première fois dans les années 1930, au sein du liquide séminal. Elles sont en réalité produites par de nombreux tissus dans l'organisme. On les retrouve par exemple dans : les pertes menstruelles, le liquide amniotique, le placenta, les poumons.

Il existe neuf catégories de prostaglandines, identifiées par les lettres A à I ; un chiffre leur est attribué en fonction de leur structure chimique. Elles jouent des rôles très variés dans l'organisme. Elles interviennent notamment dans :

  • La stimulation de la contraction des muscles lisses : elles agissent par exemple sur la motilité de l'intestin ou au niveau de l'utérus.
  • La modulation de la pression artérielle.
  • La constriction des bronches.
  • Les réactions inflammatoires : elles sont ainsi impliquées dans le système de défenses immunitaires de l'organisme.

Prostaglandines : de nombreuses utilisations médicales

Grâce à leurs propriétés, les prostaglandines – plus précisément leurs analogues synthétiques – sont utilisées comme médicaments dans le cadre de diverses indications :

  • Les troubles de l'érection : la prostaglandine E1, ou « alprostadil », possède des propriétés vasodilatatrices et une capacité à détendre les muscles. En cas de troubles érectiles, son utilisation permet ainsi un gonflement de la verge, même sans stimulation sexuelle.
  • Le déclenchement de l'accouchement : que ce soit pour des raisons médicales ou par convenance, il est courant aujourd'hui de provoquer le travail par différentes méthodes pour déclencher un accouchement à terme. Les prostaglandines E2 ou F2a représentent une des options thérapeutiques possibles, utilisées seules ou en complément de l'injection d'ocytocine, par l'intermédiaire d'une perfusion.
  • Les interruptions volontaires de grossesse (IVG) : les prostaglandines E2 ou F2 sont également utilisées dans le cadre d'IVG médicamenteuses, jusqu'à 63 jours d'aménorrhées (absence de règles), afin de créer les contractions de l'utérus nécessaire à l'expulsion de l'embryon.
  • La prévention des ulcères gastro-duodénaux : les prostaglandines E1 et I1 exercent également un effet protecteur sur la muqueuse qui tapisse l'estomac et le duodénum. Elles sont ainsi utiles en cas d'ulcères gastriques et peuvent prévenir les effets néfastes des anti-inflammatoires non stéroïdiens, médicaments aux effets toxiques sur l'estomac.
  • Le traitement des glaucomes : la prostaglandine F2 permet de diminuer la pression au sein de l'œil en cas de glaucome à angle ouvert.

Modes d’utilisation et effets secondaires des prostaglandines

Le mode d’utilisation de la prostaglandine varie en fonction de son usage thérapeutique. Dans certains cas, celle-ci peut être accompagnée d’effets secondaires :

  • En cas de dysfonction érectile, l’alprostadil peut être utilisé sous différentes formes :
    • Par auto-injection intracaverneuse, sur le côté du sexe : la méthode est très efficace avec peu d'effets secondaires.
    • Par l'intermédiaire d'un dispositif transurétral, qui permet de faire pénétrer directement dans le conduit urinaire (l'urètre) un suppositoire miniaturisé qui va fondre et dont le contenu va pénétrer dans les vaisseaux sanguins. Un des effets indésirables est la possible survenue de brûlures chez la partenaire.
    • Sous forme de crème à appliquer sur le gland, au niveau du méat (orifice de l’urètre).
  • Pour déclencher un accouchement, on utilise des composés sous forme de gel, de comprimés ou d'éponges insérées directement dans le vagin. Elles accélèrent la maturation du col et entraînent les contractions de l'utérus, qui sont généralement suivies de l'accouchement dans les 24 heures.
  • Dans le cas d’une interruption volontaire de grossesse, les femmes reçoivent tout d'abord un médicament qui s'oppose à l'action de la progestérone, une hormone indispensable au bon déroulement de la grossesse. Deux jours plus tard, une prostaglandine leur est administrée, soit en prise orale (misoprostol), soit sous forme d'ovule inséré dans le vagin (géméprost).
  • En traitement d’un glaucome, on utilise un collyre dont le principe actif est le latanoprost, un analogue de la prostaglandine F2.

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