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Trouble survenant vers la fin de la grossesse chez des femmes prédisposées génétiquement, la cholestase gravidique peut affecter la santé du bébé à naître.

Faisons le point sur ce dysfonctionnement altérant la production ou l'écoulement de la bile.

Définition de la cholestase

La cholestase est une affection se traduisant par la diminution, voire par l'arrêt de la sécrétion de bile. Ce liquide de couleur jaune-vert est produit par le foie, puis déversé dans l'intestin par l'intermédiaire de conduits, les voies biliaires, pour faciliter la digestion des graisses.

On distingue 2 types principaux de cholestase :

  • la cholestase extrahépatique, causée par une obstruction au niveau de la partie des voies bilaires située à l'extérieur du foie, par une tumeur ou un calcul biliaire ;
  • la cholestase intrahépatique, causée par une obstruction au niveau de la partie des voies bilaires située à l'intérieur du foie, ou, comme c'est le cas chez la femme enceinte, par un mauvais fonctionnement des hépatocytes, les cellules du foie.

La cholestase gravidique concerne en France 0,5 % des grossesses et s'observe plus souvent en cas de grossesse multiple. La fréquence de l'affection est très importante dans certaines régions du globe ou éthnies : au Chili, elle concerne 10 % des grossesses et 28 % chez les descendants des Indiens araucanians.

Causes de la cholestase gravidique

La survenue d'une cholestase gravidique aurait tout d'abord une origine hormonale. Elle apparaît généralement au cours du dernier trimestre de grossesse, lorsque le taux d'hormones féminines (œstrogènes notamment) est à son maximum. Elle disparaît spontanément après l'accouchement, lorsque le taux revient à la normale.

D'autres facteurs semblent également intervenir :

  • le terrain génétique ;
  • l'alimentation, un déficit en sélénium notamment ;
  • l'environnement (on observe des fluctuations au cours des saisons).

Cholestase : symptômes

Le principal symptôme associé à ce trouble est l'apparition de fortes démangeaisons, très intenses au niveau de l'extrémité des membres. Dans un cas sur dix, il s'accompagne d'un ictère : la peau prend une teinte jaunâtre.

Enfin, on observe parfois une stéatorrhée, c'est-à-dire l'émission de selles graisseuses, à l'origine d'un déficit en vitamine K, augmentant ainsi le risque d'hémorragie lors de l'accouchement.

Risques de la cholestase pour le fœtus

Les symptômes associés à la cholestase peuvent être très désagréables pour la maman. Certaines femmes ne parviennent pas à se reposer, à causes des vives démangeaisons supportées parfois en permanence, jour et nuit.

Mais les risques principaux concernent le bébé et les complications peuvent être très sévères :

  • naissance prématurée ;
  • présence de méconium (premières selles du bébé) dans le liquide amniotique, qui sont associées à un risque infectieux et à un risque respiratoire lors de l'accouchement ;
  • ralentissement du rythme cardiaque ;
  • parfois décès in utéro...

Une prise en charge efficace est ainsi indispensable. Le principal traitement fait intervenir l’acide ursodésoxycholique, 1 g par jour réparti en deux prises. Cette molécule est dénuée d'effet toxique pour le bébé.

Pour aller plus loin :

  • Découvrez l'anatomie du foie et bénéficiez de nos conseils pour le détoxifier.
  • La structure des voies biliaires n'aura plus de secret pour vous après la lecture de notre article dédié à ce sujet !
  • Approfondissez vos connaissances sur l'ictère, également appelé "jaunisse".

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